Opus N°14 Jeté Battu en Tournant

Ce saut magistral est inspiré en 1967 par un des plus grands danseurs du monde, Rudolf Noureïevh, dans la lignée du précédent représentant Yuri Soloviev. Rudolf Noureev est né en 1938 en Russie. Il vit une enfance très difficile matériellement et affectivement car son père sert sur le front dès 1941 et qu’il ne le reverra plus jusqu’en 1946. En 1945 il commence à danser et en 1949, Oudeltsova, ancienne danseuse des ballets russes de Diaghilev, lui apprend pendant 18 mois les bases de la danse classique et le guide vers des professeurs de très grande qualité. A 16 ans, on lui propose son premier rôle dans le ballet d’Oufa. Faute de moyens financiers, il ne peut poursuivre sa formation ni à Moscou, ni à Saint Petersburg, malgré son admission au théâtre du Bolchoï en 1955. En 1959 il devient soliste du ballet Kirov où il interprète jusqu’en 1961 les chorégraphies les plus classiques de Marius Petipa. En 1961, en tournée en France avec le Kirov où il danse la Bayadère, il demande l’asile politique puis est engagé dans les ballets du marquis de Cuevas.

 

En 1962, il débute au Covent Garden, et commence à danser avec Margot Fonteyn. Il est un remarquable interprète des plus grands chorégraphes comme entre autres, Roland Petit, Maurice Béjart, George Balanchine, Martha Graham ou Marius Petipa. En 1983, il est nommé directeur de la danse à l’Opéra de Paris et en 1989 reviendra sur scène au Kirov après 28 ans d’exil. Il meurt en 1993 en France.

 

C’est donc dans la période où il est en plein fait de sa gloire qu’il est immortalisé par Ghiorgo Zafiropulo. Les multiples photographies qui circulent de ses sauts et entrechats illustrent sa virtuosité et son aisance en l’air. Anatomie, traits ou plutôt structure du visage, port de tête, maintien des mains sont identifiables et caractéristiques de ce danseur aux sauts mythiques. Celui-ci est probablement issu du ballet « Raymonda » qu'il avait lui même chorégraphié sur une musique de A. K. Glaounov.

 

A sa mort, Pierre Bergé disait: Rudolf Noureev est arrivé dans un saut, il est parti dans un souffle. Nous n'oublierons jamais ce danseur venu du froid, qui nous a tout de suite éblouis et qui devait nous fasciner si souvent par la suite. Avec Noureev, c'est plus qu'un danseur qui disparait, c'est un moment de la danse, comme avec Callas s'est effondré un moment de l'Opéra. Ils ont, tous les deux, marqué leur art de leur empreinte et rien, après eux, ne sera pareil.